Chers amis,
Le conseil d’administration réuni le 30 juin m’a choisi pour prendre la présidence de l’association
suite à la démission de l’ancien Président à la fin du mois d’avril.
Mon intérêt pour l’Afghanistan remonte à la présence soviétique dans ce pays ce qui correspond
aussi à la fin de mes études de médecine. J’avais comme projet de partir avec Médecins sans
frontière en mission clandestine dans ce pays, les circonstances familiales ne m’ont pas permis
de le réaliser. J’ai participer activement à la campagne en faveur du Dr Philippe AUGOYARD
capturé en Afghanistan par les troupes soviétiques. J’ai eu le plaisir de le recevoir à Rennes après
sa libération et à cette occasion j’ai fait la connaissance de l’association Afghanistan Bretagne et en
particulier d’Ashmat FROZ. Les contraintes professionnelles m’ont fait quitter la bretagne pendant
une douzaine d’année. C’est après mon retour en 1997, que j’ai repris contact avec l’association et
rejoint le comité de Saint-Brieuc.
En septembre dernier, j’étais à Rennes pour la conférence donnée par DARAH à l’espace Ouest
France. C’est au cours de la prolongation de cette réunion que Ashmat et Paul m’ont proposé de les
accompagner fin octobre à Kaboul. J’ai ainsi voir Kaboul, apprécier Istalif et rencontrer les autorités
de la faculté de médecine de Kaboul. J’ai constaté l’écart entre la vision de l’Afghanistan transmis
par les médias et le concret de la vie à Kaboul. J’ai été impressionné par nos réalisations à Istalif
et l’impact sur la vie locale. Les contacts universitaires m’ont conduit à faire un second séjour à
Kaboul fin avril centré sur l’organisation de la transfusion sanguine puisqu’il s’agit de ma spécialité
professionnelle.
Ce sont les enseignements tirés de ces deux voyages, la richesse et la densité des contacts qui m’ont
conduit au cours du dernier conseil d’administration à me proposer pour assurer la présidence de
DARAH.
Le bilan de ces dix années depuis 2001 est remarquable :
− Istalif revit, souvenons nous des images de 2001 où tout était détruit et une ville
désertée.
− 7 établissements scolaires qui accueillent plus de 2000 élèves. Des écoles qui vivent et
qui sont gérés par le ministère de l’éducation.
− Des filles qui fréquentent ces établissements et qui nous demandent de les aider à
poursuivre leur scolarité
− Une maison de la mère et de l’enfant qui se prolonge vers l’atelier de couture avec
comme résultat la réalisation de serviettes périodiques
− Une nouvelle demande pour mettre en forme une de nos construction pour la mise
place de cours préparatoire à l’entrée dans l’enseignement supérieur pour les bacheliers
d’Istalifn garçon ou fille.
Sans oublier la qualité, reconnu par tous, de l’Architecture en terre développé par Ashmat à
l’université polytechnique.
L’Afghanistan vient de vivre trente années difficiles et va devoir faire face à un nouveau défi avec
le départ des troupes étrangères dans les deux ans qui viennent. Mes deux voyages m’ont apporté
la conviction que le retour des talibans n’est pas un fait acquis. Beaucoup d’afghans ne sont pas
favorable à ce retour, les jeunes ont pris des habitudes de vie peu compatible avec la morale rigide
des talibans. De nombreux afghans de la diaspora afghane internationale ont investi et continuent
d’investir en Afghanistan et je ne pense pas qu’ils abandonnent le terrain aussi facilement.
En tout état de cause, notre travail en particulier à Istalif, contribue à la prise en main par les
afghans de leur destin. A Istalif nous avons décider de reconstruire des logements, nous avons
vu qu’il y avait besoin d’école, maintenant nous tentons de répondre aux demandes (parrainage
de jeunes filles, serviettes hygiéniques, cours de préparation au concours), demain j’espère que
nous aurons juste à accompagner leur choix et si tout va bien après demain nous n’aurons plus à
intervenir.
Au final, si j’ai pris cette responsabilité, c’est qu’il me semble inconcevable de laisser tomber tout ce
qui a été réalisé et de ne pas essayer de répondre aux attentes que nous avons créés.
Je compte sur vous tous qui avez accompagné DARAH au fil de ces années pour poursuivre votre
engagement. Nous pourrons rediscuter de tous ces sujets à l’occasion de notre assemblée générale
que je prévois dans la seconde quinzaine de novembre.
Bien amicalement à vous tous.